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Imprimante 3D, le mag

Filaments et résines

PLA ou PETG : choisir selon l'objet à imprimer

PLA et PETG se disputent la même étagère, mais pas les mêmes usages. Cet article pose les critères, les compare dans un tableau et déroule des cas types pour trancher en trente secondes, sans classement ni marque.

  • Guide signé Florian Bourret
  • Mis en ligne le
  • 7 min de lecture
Deux bobines côte à côte sur une étagère d'atelier, l'une rouge opaque, l'autre bleu translucide, avec deux petites pièces imprimées

Choisissez le PLA pour un objet décoratif, un prototype ou une pièce d'intérieur qui ne subit ni chaleur ni choc. Choisissez le PETG pour une pièce qui doit plier, se visser ou supporter une température plus élevée. En cas de doute entre les deux, le critère décisif est presque toujours l'endroit où l'objet vivra.

Cet article fait partie de la rubrique Filaments et résines. Il compare deux matières décrites dans leurs fiches, le filament PLA et le filament PETG, et s'appuie sur le guide général des filaments. Si la machine n'est pas encore prise en main, commencez par Débuter.

Les critères qui décident

Cinq questions suffisent, dans cet ordre.

Où la pièce vivra-t-elle ? Un bureau, une étagère de salon et un garage ne présentent pas les mêmes contraintes. La chaleur et l'humidité éliminent vite le PLA.

Que va-t-elle subir ? Un choc, une flexion, un vissage répété favorisent le PETG. Une pièce posée et jamais touchée n'a besoin de rien de plus que du PLA.

Quel aspect attend-on ? Le PLA donne des arêtes franches et des détails fins. Le PETG est légèrement brillant et garde plus facilement des traces de fils.

Que sait faire la machine ? Un plateau chauffant, une buse qui monte à la température de l'étiquette et un refroidissement réglable sont le minimum pour le PETG.

Combien d'essais acceptez-vous ? Le PLA se règle en une impression ou deux. Le PETG demande un peu plus de patience, surtout contre les fils.

Le face-à-face en un tableau

Le tableau compare des tendances. Les valeurs exactes de température et de ramollissement figurent sur l'étiquette et la fiche technique de chaque bobine.

Critère PLA PETG
Facilité d'impression Élevée Moyenne
Précision des détails Très bonne Bonne
Comportement au choc Casse net Plie avant de rompre
Tenue à la chaleur Faible Meilleure que le PLA
Plateau chauffant Facultatif ou modéré Oui
Fils parasites Peu fréquents Fréquents
Adhérence au plateau Bonne Parfois excessive
Sensibilité à l'humidité Réelle, plus lente Marquée
Usage typique Décor, prototypes, maquettes Supports, boîtiers, pièces mécaniques légères

Une lecture rapide : le PETG gagne sur la tolérance mécanique, le PLA sur la facilité et la finition. Aucune des deux colonnes ne l'emporte pour tout. C'est pourquoi on choisit par objet, jamais par matière.

Quand choisir le PLA

Le PLA est le bon choix dès que l'objet n'a pas à encaisser. Maquette d'architecte, figurine, pot à crayons, boîte de rangement posée sur un bureau, gabarit de perçage, pièce de test avant de refaire en matière plus technique : autant de cas où sa précision et sa facilité servent mieux que la résistance du PETG.

Il convient aussi quand la machine est neuve, ou quand un réglage est en cause. Si une impression échoue, passer au PLA aide à isoler le problème : il pardonne, donc l'erreur qui persiste vient de la machine.

Un dernier avantage, pratique celui-là : le PLA se passe de réglage fin du refroidissement. Le ventilateur à pleine puissance fige les surplombs et les ponts. Le débutant peut ainsi se concentrer sur sa machine plutôt que sur la matière.

Quand choisir le PETG

Le PETG s'impose quand l'objet est manipulé ou chauffé. Support de câbles vissé sur un mur, poignée, clip, boîtier d'électronique de petit atelier, pièce de rechange pour un appareil de maison : toutes demandent une matière qui plie sans rompre.

Il convient aussi aux pièces qui voient un peu de chaleur, comme un boîtier près d'une alimentation, à condition de lire la température de déformation sur la fiche technique de la bobine. Pour les contenants d'usage alimentaire, la prudence est la même qu'avec le PLA : sans mention explicite du fabricant, on s'abstient.

Le prix à payer est connu : fils parasites, adhérence forte sur certains plateaux, bobine à garder au sec. Ces défauts se traitent, mais ils demandent du temps. Si vous n'avez pas d'objet qui justifie ces efforts, restez au PLA.

Trois cas types pour trancher

Prenons un porte-savon pour salle de bains. L'eau et la chaleur d'une pièce humide mettent le PLA à l'épreuve, surtout si la limite de ramollissement de la bobine est basse. Le PETG est un meilleur candidat, sous réserve de la fiche du fabricant.

Prenons ensuite une pièce de remplacement pour un tiroir : un clip qui se verrouille cent fois. Le PLA casserait à la longue, le PETG fléchit. Choix : PETG.

Prenons enfin un petit modèle réduit de bâtiment à exposer sur une étagère. Les détails fins priment, l'objet ne bouge pas. Choix : PLA, sans hésiter.

Quatre autres cas, en deux lignes chacun

Un boîtier pour un petit capteur placé dans un garage : PETG, car la température varie et la pièce peut être heurtée. Un pot de fleurs d'intérieur : PLA, la forme prime et la pièce ne bouge pas. Une pièce de rechange pour un tiroir de cuisine, manipulée tous les jours : PETG, pour la tolérance à la flexion. Un support de téléphone posé sur un bureau : PLA, sauf si le téléphone chauffe en charge sur la pièce.

Un cas type ne décide pas à votre place. Il illustre la méthode : où, quoi, combien de fois.

Le coût dans la balance

Le prix d'une bobine se ramène au gramme, en divisant le prix payé par la masse. Une pièce de 50 g coûte alors 0,05 fois le prix au kilo, hors électricité. La différence de prix entre PLA et PETG pèse moins qu'une impression ratée : si le PETG vous épargne un second essai, il est rentabilisé. À l'inverse, s'il vous en coûte trois essais de réglage pour une pièce décorative, le PLA était le bon choix.

Quand la pièce doit en plus être souple, ni l'un ni l'autre ne convient : voyez le TPU.

Ce que la machine autorise

La matière doit rester dans le périmètre de l'imprimante. Pour le PETG, trois conditions : un plateau chauffant, une buse qui atteint la température indiquée sur la bobine, et un réglage du ventilateur. Sans plateau chauffant, restez au PLA.

La nature du plateau compte aussi. Certaines surfaces lisses retiennent si fort le PETG qu'elles s'abîment au retrait de la pièce. La documentation de la plaque dit ce que le fabricant conseille ; une fine couche de séparation limite le risque.

Pour les deux matières, la première couche reste le réglage de base. Une première couche réussie vaut mieux que tous les paramètres avancés.

Passer d'une matière à l'autre sur la même machine

Changer de bobine sans précaution produit des défauts. Les deux matières ne fondent pas à la même température : si vous passez d'une plage haute à une plage basse, du plastique résiduel reste dans la buse. Purgez en extrudant du filament neuf jusqu'à ce que la couleur et l'aspect soient nets, à la température de la nouvelle matière.

Pensez aussi au plateau. La température et la surface qui conviennent au PLA ne conviennent pas forcément au PETG. Nettoyez la plaque entre deux matières, car les traces de colle ou de graisse nuisent à l'adhérence. Et enregistrez un profil par matière dans votre trancheur, avec un nom clair : cela évite de lancer du PLA avec les réglages du PETG.

Les erreurs de choix les plus fréquentes

La première : choisir le PETG parce qu'il « fait plus sérieux ». Si l'objet n'a pas de contrainte, il n'apporte rien et complique les réglages.

La deuxième : laisser du PLA dans un endroit chaud. Il ramollit, et la pièce se déforme sans prévenir. La fiche de la bobine donne la limite.

La troisième : oublier l'humidité. Les deux matières en absorbent, et le PETG plus visiblement. Voyez Sécher un filament humide.

La quatrième : comparer deux bobines de marques différentes avec les mêmes réglages. L'étiquette de chacune fait foi, pas la bobine de l'autre.

Ce que ni l'un ni l'autre ne font bien

Aucun des deux ne convient à une exposition prolongée au soleil et à la pluie : pour l'extérieur, c'est l'ASA qu'on regarde, avec son caisson. Aucun n'est fait pour une pièce chauffée en permanence, à proximité d'un moteur ou d'une résistance. Et aucun ne garantit l'étanchéité d'une pièce imprimée : les couches laissent passer l'eau à la longue, même quand la paroi paraît pleine.

Pour les pièces qui frottent, le nylon est un meilleur candidat. Pour celles qui doivent se plier à volonté, le TPU. Le guide des filaments place ces matières dans leur contexte. Retenez surtout que le choix PLA ou PETG n'épuise pas le catalogue : c'est le point de départ de la plupart des projets, pas leur limite.

Si ça ne marche toujours pas

Si vous hésitez encore, imprimez la même petite pièce dans les deux matières et jugez-la dans son contexte d'usage : à la chaleur, à la flexion, à la main. Le test coûte quelques grammes de filament et vaut davantage que n'importe quelle fiche.

Si le PETG décolle ou file, reprenez les réglages dans la fiche Filament PETG, puis le stringing. Si le PLA ne tient pas à l'usage, il a atteint sa limite. Et si les deux échouent, l'objet demande peut-être une autre matière, ou un autre dessin.

Le bon choix pour votre pièce

PLA, PETG ou autre : votre objet décide

Répondez en pensant à la pièce que vous voulez imprimer.

Où la pièce sera-t-elle utilisée ?
Que subira-t-elle ?
Quel est votre plateau ?

Les cas traités dans le guide :

Pour continuer : Stringing : supprimer les fils parasites

Faire résumer ce guide par une IA

Chaque bouton ouvre l'assistant avec la demande déjà rédigée. Le mag ne transmet rien de votre côté.

Questions d'atelier

Le PETG est-il plus solide que le PLA ?

Il est plus tolérant : il plie avant de rompre, quand le PLA casse net. La solidité réelle d'une pièce dépend aussi de la conception, du nombre de parois et de l'orientation des couches.

Peut-on imprimer du PETG sur une machine prévue pour le PLA ?

Souvent oui, à condition d'avoir un plateau chauffant et une buse capable d'atteindre la plage de température de l'étiquette. Le refroidissement et la rétractation sont à régler à part.

Lequel est le plus facile à imprimer ?

Le PLA. Il pardonne les réglages approximatifs et n'accroche pas trop au plateau. Le PETG file davantage et peut abîmer certaines surfaces.

Le PETG ou le PLA est-il plus écologique ?

Cela dépend de ce qu'on mesure et de la filière de fin de vie, deux choses que la documentation du fabricant précise mieux qu'une règle générale. L'origine végétale du PLA ne dit rien de son devenir après usage.

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