Pour une figurine, la résine l'emporte quand le détail compte : visage, doigts, textures fines. Le filament l'emporte quand la pièce est grande, robuste et sans traits minuscules. Le choix se fait sur trois critères : la taille, la finesse recherchée et les précautions que vous pouvez prendre chez vous.
Cet article complète la rubrique Idées et projets et prolonge Idées d'impression 3D utiles pour la maison. Il suppose que vous avez déjà imprimé une pièce utile et que votre première couche tient. Si ce n'est pas le cas, le guide de l'imprimante 3D pour débutant vient avant. Pour comparer les deux technologies plus largement, voyez FDM ou résine.
Quelle technologie pour quelle figurine
La première question concerne la taille. Une figurine très haute, un buste, un casque, un grand dragon : le filament convient mieux, parce que les machines FDM ont en général un volume d'impression plus large, et que la résine alourdirait d'autant le lavage et le séchage. Une figurine de poche, un personnage de jeu de plateau, une miniature de collection : la résine devient plus intéressante.
La deuxième question concerne le détail. Un visage expressif, une cape finement plissée, des doigts séparés réclament de la finesse. La résine l'offre. Le filament en perd une partie à cause du diamètre de la buse et des marches d'escalier entre couches.
La troisième question est celle de l'espace. Un atelier avec une fenêtre, un plan de travail lavable et un rangement fermé pour les flacons convient à la résine. Un coin de chambre sans aération ne convient pas. Le filament est plus indulgent.
Le filament : ce que la machine sait rendre
Une machine FDM extrude un fil de plastique à travers une buse, le plus souvent de 0,4 mm, et le dépose couche après couche. Aucun détail plus étroit que la trace du fil ne peut apparaître. Un œil, une dent, un bouton de manteau se réduisent à une bosse.
On améliore le résultat par trois leviers. Le premier est la hauteur de couche : en la réduisant, on lisse les pentes, au prix d'une impression plus longue. Le deuxième est la vitesse : une vitesse réduite sur les détails fins limite les vibrations. Le troisième est la buse : certaines machines acceptent une buse plus fine, avec des essais à faire et une documentation à lire.
Autre avantage du filament : la robustesse. Une figurine en PLA se manipule sans crainte, et un bras accidentellement cassé se recolle. Le PLA reste la matière la plus simple pour commencer, et ses plages de température figurent sur l'étiquette de la bobine.
Le côté moins plaisant, ce sont les stries de couches. Elles se voient sur les pentes douces, comme un crâne ou une épaule. On les atténue par un ponçage, que traite le guide sur la peinture d'une impression 3D.
La résine : la finesse, et ses contraintes
Une imprimante à résine durcit un liquide photosensible, couche après couche, sous une lumière. La couche est très fine, et la surface sort lisse. Les détails d'un visage, d'une armure ou d'un tissu y sont lisibles.
Le prix à payer est une chaîne de manipulations. La pièce sort de la machine couverte de résine liquide. On la lave avec le solvant indiqué par le fabricant, la laisser sécher, puis la durcir sous une lumière adaptée. Les supports se retirent avec précaution, car ils sont fragiles et laissent des marques.
Côté sécurité, les règles sont claires. L'INRS rappelle, dans sa fiche technique sur la fabrication additive, qu'une résine mal durcie peut libérer des monomères ou des additifs et qu'elle expose surtout la peau (INRS, TI DC 29). Les gestes de base : porter des gants adaptés (nitrile en général), aérer la pièce, éviter tout contact cutané, et lire la fiche de données de sécurité (FDS) de la résine utilisée. Elles se trouvent chez le fabricant.
La résine liquide et les solvants de nettoyage ne vont pas à l'évier. Les déchets suivent la filière indiquée sur la FDS. Pour un débutant, cette chaîne constitue le vrai coût de la résine : du temps, de la place, de la rigueur et un matériel de nettoyage dédié. Le guide sur l'imprimante 3D à résine détaille ce matériel.
Comparer en un tableau
Les deux procédés se comparent surtout sur ce qu'ils exigent avant et après l'impression, pas sur l'impression elle-même.
| Critère | Filament (FDM) | Résine |
|---|---|---|
| Taille de figurine | Moyenne à grande | Petite à moyenne |
| Finesse des détails | Limitée par la buse | Très fine |
| Surface | Stries de couches à poncer | Lisse, quelques marques de supports |
| Robustesse | Bonne, se recolle | Plus cassante selon la résine |
| Après l'impression | Retrait des supports, ponçage | Lavage, séchage, durcissement, retrait des supports |
| Précautions | Aération raisonnable | Gants, ventilation, FDS, gestion des déchets |
| Facilité pour débuter | Plus indulgent | Demande une chaîne complète |
Aucune des deux colonnes ne gagne partout. Une personne qui imprime des miniatures de jeu choisira la résine. Une personne qui imprime des masques ou des pièces de décor choisira le filament. Beaucoup d'ateliers possèdent les deux pour ces raisons.
Les postes de coût d'une figurine
Aucun prix n'est avancé ici : ils changent d'un fournisseur à l'autre. Les postes, eux, se comptent. En FDM : la matière (prix de la bobine ÷ masse, multiplié par la masse de la figurine), l'électricité (puissance × durée × prix du kWh) et le temps de finition. En résine : la matière, plus les consommables de nettoyage, les gants, les filtres, les films de cuve et le solvant de lavage.
Pour une figurine seule, la différence se joue souvent sur le temps de finition et l'équipement annexe, pas sur la matière. Un calcul honnête inclut aussi les essais ratés : une figurine fine rate plus souvent qu'une pièce utile.
Orientation et supports
Quel que soit le procédé, une figurine comporte des surplombs : un bras tendu, un menton, une cape. Sans support, ces zones s'effondrent.
En FDM, on incline souvent la figurine pour réduire les surplombs et on place les supports là où la surface sera cachée. Un angle de surplomb limite existe pour chaque machine ; il se détermine par un tour de test, pas par une valeur générale. Le visage reste de préférence sans support.
En résine, la figurine s'imprime généralement inclinée, pour limiter la surface en contact avec le film de la cuve et l'effet de succion à chaque couche. Les supports sont plus fins et plus nombreux. On les place sur les faces peu visibles, derrière, sous les pieds, à l'intérieur des plis.
Un tour de test de surplombs aide à connaître les limites de votre machine. Il se compose de petites rampes inclinées à des angles croissants, imprimées sans support. Vous observez à partir de quelle inclinaison la face inférieure devient grossière, et vous gardez cet angle comme repère pour toutes les figurines suivantes. La valeur obtenue ne vaut que pour votre machine, votre matière et vos réglages du moment.
Les erreurs qui coûtent une figurine
Trois erreurs reviennent souvent. Une échelle réduite sans contrôle : les détails passent sous la largeur de la trace et disparaissent. Un support posé sur le visage, dont les marques abîment la qualité de la surface. Un socle oublié, qui rend la pièce instable. Mieux vaut repérer ces erreurs éventuelles sur une tête d'essai que sur la figurine entière.
Un socle plat élargit la surface d'accroche et stabilise la pièce. Il se retire ou se garde, selon que la figurine tient debout seule.
Découper en plusieurs pièces
Beaucoup de figurines se découpent en parties : tête, torse, bras, jambes, accessoires. L'impression de chaque partie dans sa meilleure orientation supprime des supports et améliore la surface des zones visibles. L'assemblage se fait ensuite à la colle adaptée à la matière, avec des ergots d'alignement qui évitent les décalages.
La découpe offre un deuxième avantage : la peinture. Une main séparée se peint plus facilement qu'une main collée au corps. On assemble après la peinture, ou après la sous-couche si les raccords sont délicats.
La découpe a d'autres applications que la figurine : maquettes de bâtiment, décors de jeu, objets décoratifs à plusieurs éléments. Les mêmes ergots d'alignement y servent.
Des modèles prédécoupés existent sur les bibliothèques en ligne, avec des repères d'assemblage. Sinon, un logiciel de modélisation permet de couper et d'ajouter des ergots : Tinkercad le fait pour des formes simples. Après l'assemblage, un ponçage et une sous-couche uniformisent la surface.
Droits sur les modèles
Une figurine d'un personnage connu pose une question de propriété. Les bibliothèques de modèles affichent la licence de chaque fichier. Elle dit si l'impression pour usage personnel est permise, si l'on peut adapter le modèle, et si la vente est admise. Une figurine représentant un personnage de film ou de jeu vidéo est souvent un modèle de fan : lisez les conditions du site et celles de l'auteur avant de vendre.
Pour un usage privé, le sujet se règle simplement. Pour un usage commercial, la licence prime, ainsi que les droits attachés au personnage lui-même. En cas de doute, choisissez un modèle libre ou dessinez le vôtre.
Si ça ne marche toujours pas
Si les détails sont perdus, vérifiez d'abord la taille : un modèle réduit trop fort perd ses traits. Augmentez l'échelle ou choisissez un modèle prévu pour votre technologie. Si les stries gâchent les surfaces, réduisez la hauteur de couche et prévoyez un ponçage. Si la figurine se décolle ou se déforme, le problème vient de la première couche ou du retrait : voyez première couche et warping.
Si les supports laissent des traces trop marquées, déplacez-les sur des faces cachées ou découpez la figurine. Si la résine reste collante après durcissement, relisez la notice du fabricant sur le temps de lavage et d'exposition, sans improviser.
Pour la suite, passez à la peinture, ou revenez au sommet Idées d'impression 3D utiles pour la maison. Les problèmes de réglage se traitent dans la rubrique Réglages et dépannage.
Le bon choix pour votre pièce
Résine ou filament : quel procédé pour votre figurine ?
Trois questions tirées des critères de l'article.
Les cas traités dans le guide :
- Le filament vous convient Les figurines grandes et robustes se prêtent au FDM. Les stries de couches se poncent, et le PLA reste la matière la plus simple. Peindre une impression 3D : préparation, sous-couche, finitions
- La résine vous convient Les détails fins et les surfaces lisses demandent la résine, avec gants, aération, lavage et durcissement. Imprimante 3D à résine
Pour continuer : Peindre une impression 3D : préparation, sous-couche, finitions
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Questions d'atelier
Résine ou filament pour une figurine ?
La résine donne plus de détails et une surface plus lisse, utiles pour les petites figurines. Le filament s'impose pour les grandes pièces, plus robustes, avec une manipulation plus simple. Le bon choix dépend de la taille de la figurine, de l'effort de finition acceptable et de l'espace pour travailler en sécurité.
Peut-on imprimer une figurine en FDM avec de beaux détails ?
Oui, à condition de choisir un modèle adapté à la buse, de réduire la hauteur de couche et de simplifier les détails les plus fins. Une figurine pensée pour la résine perd beaucoup de nuances en FDM, car la buse de 0,4 mm, la plus courante, ne rend pas les traits très fins.
La résine est-elle dangereuse ?
Les résines photosensibles non durcies irritent la peau et les voies respiratoires. Les fiches de données de sécurité du fabricant donnent les précautions : gants adaptés, ventilation, protection des yeux. L'INRS décrit ces risques dans sa documentation sur la fabrication additive.
Faut-il peindre une figurine imprimée ?
Pas obligatoirement. Une figurine grise ou colorée dans la masse est correcte pour un modèle de rangement. La peinture donne du relief aux détails. Elle demande un ponçage, une sous-couche et des couches fines : le guide sur la peinture détaille les étapes.



